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Sahel : face à la multiplication des attaques et à la hausse continue du nombre de victimes, l’ONU alerte sur un dangereux point de basculement
Sud Ouest -- Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme s’inquiète de la multiplication des attaques extrémistes et des violations des droits fondamentaux au Mali, au Burkina Faso et au Niger
La région du Sahel central se trouve à « un dangereux point de basculement », avec la multiplication des attaques de groupes extrémistes, a prévenu lundi 15 juin le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.
En six ans, les groupes djihadistes ont doublé leur zone d’influence au Sahel, affectant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria et menaçant désormais les frontières du Sénégal
« Au Mali, des groupes armés extrémistes ont lancé des attaques coordonnées contre plusieurs villes et localités en avril, faisant de nombreuses victimes parmi la population civile », a déclaré Volker Türk, à l’ouverture de la 62e session du Conseil des droits de l’homme à Genève.
« Je suis préoccupé par les informations selon lesquelles les forces de sécurité auraient procédé à des exécutions extrajudiciaires, enlevé des opposants politiques et détenu des journalistes de renom pour avoir fait leur travail », a-t-il ajouté.
Une situation sécuritaire dégradée au Mali
Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI), ainsi que des indépendantistes et des groupes criminels communautaires.
Après près de dix ans de présence militaire française, ce pays, dirigé par la junte du général Assimi Goïta, a rompu l’alliance avec l’ancienne puissance coloniale pour se tourner vers la Russie, faisant notamment appel aux services du groupe paramilitaire Wagner, devenu Africa Corps. Celui-ci n’a toutefois pas empêché fin avril la prise de Kidal, ville clé du nord malien, par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg.
Le Sahel est une vaste région d’Afrique au climat semi-aride qui regroupe notamment en son centre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces trois pays forment l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération de régimes militaires souverainistes qui ont quitté le bloc ouest-africain de la Cedeao, l’accusant d’être à la solde de l’Occident et de ne pas les soutenir suffisamment dans leur lutte contre les djihadistes.
Tensions persistantes au Burkina Faso et au Niger
Au Burkina Faso, qui fait face depuis plus d’une décennie aux offensives meurtrières de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique sur de larges pans de son territoire, « des groupes armés extrémistes continuent d’attaquer, d’enlever et de menacer des civils », a indiqué Volker Türk.
Ce pays est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après un coup d’État militaire en septembre 2022 et qui revendique ne pas être une démocratie. Le Haut-Commissaire « déplore que les autorités aient dissous ou suspendu plus de 930 organisations de la société civile depuis avril ».
Le Niger, où les militaires ont pris le pouvoir en juillet 2023, est également en proie à des violences de groupes djihadistes liés notamment à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique.
« Les attaques par des groupes armés extrémistes » s’y « multiplient, et la formation de groupes dits d’autodéfense fait peser de graves risques d’exactions et de violences intercommunautaires » tandis que « personne n’a été tenu responsable des violations qui auraient été commises par l’armée », a affirmé Volker Türk.
Par SudOuest.fr avec AFP