06-06-2026 09:12 - Chronique: Entre Nous Par Sneiba El Kory

Chronique: Entre Nous Par Sneiba El Kory

Le Calame -- Nous sommes un pays de contradictions. Un pays de paradoxes. De choses tellement illogiques. Selon les rumeurs, le prix des hydrocarbures va encore augmenter pour la èniéme fois. Selon les mêmes rumeurs, une tomate aurait été achetée à 15 MRU. Un kilogramme de viande a coûté à une ménagère 450 MRU.

Un kilogramme de courbine vaut 500 MRU sur le marché. Un Yaboy est à 35 MRU. Le riz, l'huile, le lait, la farine, le sucre.... Un mouton pour la fête, il faut aussi moins une moyenne de 8000 à 9000 MRU pour prétendre à avoir un mouton moyen.

Qui a vu la prière de la fête d'El Id El Adha ? Qui a bien regardé le boubou du président de la République et les boubous de ses ministres ? Tout simplement provocants. Oui, de la vraie provocation. Certainement que les moutons des ministres ne sont pas comme les moutons des autres citoyens.

C'est vrai que le premier ministre et le ministre des affaires islamiques n'étaient pas là à cause du pèlerinage. Deux moutons et deux boubous de moins. Puis voilà qu'on nous reparle du dialogue. Du Comité chargé de résoudre cette histoire du passif humanitaire dont on ne parle qu'à la veille d'une fête. Oui, nous sommes bien un peuple paradoxal.

Un peuple " contradictoire". Un peuple naïf. Plusieurs dizaines de millions de têtes d'ovins, de bovins et de caprins. Le kilogramme de viande ne devrait pas dépasser 100 à 150 MRU. Exactement comme le kilogramme d'arachide ou de mangues ne dépasse pas 200 à 250 FCFA au Sénégal. Les 800 kilomètres de côtes parmi les plus poissonneuses du monde. Le poisson chez nous devait être entre "le lancement" et le "donnement ". Des millions d'hectares de terres très fertiles.

De l'eau en abondance. Des centaines de milliers de chômeurs. Les produits agricoles doivent être " frappe avec ton gourdin ". Au lieu de cela, on nous parle du recul du couvre-feu restricteur des libertés de 2 heures. Des assises du dialogue qui devraient reprendre.

Du rituel du retour des pèlerins. De la coupe du monde. De la Beydanité des Harratines ou de la Hartanité des Beydanes. De la réhabilitation du stade Cheikha Ould Beydiya. Dans quelques jours, la coupe du monde va commencer. Puis il y aura les examens certificatifs nationaux. Tout un programme pour meubler le temps jusqu'au 19 juillet. Puis on verra après. Salut !

Sneiba El Kory



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 06/06/2026 12:28 X

    Ce journaliste est toujours agréable à lire. On sent l'expérience de la vie, l'humour, la verve et surtout une personne vraie, pas surfaite. Néanmoins le bon sens et l'intuitif ne suffisent pas. Il écrit :

    1) "(Des) millions de têtes (de bétail). Le kilogramme de viande ne devrait pas dépasser 100 à 150 MRU." S'il en était ainsi, il n'y aura "plus de bétail" sur le marché de Nouakchott !!… Il faudra aller en province pour manger du mouton. Contre-intuitif ; mais pas besoin d'aller à Dakar pour la Tabaski, il comprendra, par les nouveaux modes de consommation et le congelé. Qu’il fasse un tour à Nouakchott, achète un hamburger ou commande un T-bone dans un restaurant "moderne" et se renseigne un peu.

    2) "Des millions d'hectares de terres très fertiles, de l'eau, les produits agricoles doivent être "frappés avec ton gourdin" :... Cela se comprend dans ce qu'il écrit : le pays est sans tradition agricole forte et sans paysannerie significative. L'eau et la terre suffiraient pour récolter avant d'avoir cultivé. Avec un background culturel paysan, un autre aurait dit : quelle terre pour quelle plante, compte tenu de la disparité des terres et de la rareté des terres fertiles ? …… Un agriculteur s'inquiéterait de la future difficulté d'entretenir les canaux et de la prudence à l'usage de l'eau pour ne pas planter des plantes gourmandes en eau. Avec un sens paysan, quand on voit malgré tout pas mal de terres fertiles non cultivées, on se dit mais où sont les agriculteurs avant de se demander où sont les investissements ? Quand on voit des investissements agricoles qui marchent mal, on dit qui sont les agriculteurs au travail avant de se demander qui sont les administrateurs ? Quand on voit des administrateurs au bord d'un champ, on dit : « Mais que font-ils là ? »

    3) "Des centaines de milliers de chômeurs, les 800 kilomètres de côtes parmi les plus poissonneuses du monde.".... Il ne fait pas le lien entre le poisson et le manque de pêcheurs locaux. Avant de faire celui entre les pêcheurs et le marché, que l'on doit accepter de légalité mondiale, parce que le pays n'a pas de chalutier à lui, et le GPS n'est pas sous son contrôle : …. Mais sur ce point, il aurait raison de faire exprès de ne pas comprendre : il y a une revendication sociale à défendre.